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26/12/2007

Comment le baril catche les 100 dollars

Comment le baril a-t-il bien pu atteindre les 100 dollars ? Et quel sera l'impact de ce record sur nos économies ?

Les calculateurs de l'OPEC étaient prêts à réguler le baril autour de 60 USD, jugeant que l'économie occidentale pouvait encaisser cette valeur ; nous avons effectivement vécu une année 2006 autour de ce niveau, sans que ça pose de problèmes visibles.

Mais les boursiers Obèses en en décidé autrement : terrorisés d'un côté par les subprimes, de l'autre par les rumeurs de choc en Iran, ils se sont portés en force sur le pétrole (et les matières premières en général), nous amenant brutalement à 100 USD : cela signifie que l'on ponctionne quotidiennement 8.5 milliards de dollars des pays consommateurs, disons 6 de plus qu'il y a 4 ans. Facteur d'inflation, de récession ?

Dans de nombreux pays de l'OCDE (les plus gros importateurs de pétrole), le surcoût des produits pétroliers est facturable au particulier, mais celui-ci aura du mal à le transférer à son employeur : on a plutôt un facteur de récession au niveau du commerce de détail.

Mais que peuvent faire les pays producteurs de cette manne ?
- rémunérer les compagnies pétrolières, c'est le mouvement le plus visible ; cette activité est aujourd'hui en plein essort, après avoir connu un marasme dans les années 90. Notons que les Majors ne représentent plus que 18 % du CA : les compagnies pétrolières d'aujourd'hui, ce sont principalement les pays producteurs eux-mêmes
- investir dans leurs infrastructures : beaucoup de pays producteurs font cela actuellement. Comme certains n'ont pas le tissu industriel pour réaliser ces infrastructures, ils s'adressent à l'OCDE : on renvoie donc une partie de ces dollars vers l'OCDE
- distribuer cette richesse au peuple : d'autres pays ont plutôt choisi cette politique (Mexique, Iran) ; cet afflux de devises profite en partie au commerce international, et on retombe sur OCDE+Chine
- investir dans un fonds souverain l'excédent des points 1 et 2 : ces fonds viennent principalement se porter sur les instruments financiers de l'OCDE à nouveau, finançant dettes et déficits.

On a donc une situation très variée, avec visiblement une perte en ligne supportée par le consommateur occidental, mais avec la réinjection d'une partie de ce flux dans l'économie de l'OCDE, avec un gonflement probable de la bulle boursière. Donc a priori, on aboutit à accroître les écarts de richesse dans l'OCDE, mais pas forcément à une crise. Le fait que la crise des subprimes, qui a refroidi les ardeurs des boursiers sur les marchés d'actions, soit intervenue au même moment, en freinant justement l'expansion de cette bulle, est presque une bénédiction.

Sauf que les Etatsuniens ont choisi de laisser chuter leur monnaie au même moment, sans le moindre égard pour les (très nombreux) pays qui ont des réserves importantes en dollars. Cette décision peut paraître plus lourde de conséquences.

Le cas de l'Europe est plus délicat : nous sommes protégés partiellement de cette hausse par la valeur élevée de l'Euro actuelle, par les taxes qui servent d'amortisseur, et par notre intensité énergétique plus faible. Il est donc possible qu'une crise se développe sans que nous en ayons des signes annonciateurs chez nous.

18:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie pétrole bourse 100 dollars | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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