26.05.2006
Quelle politique de l'énergie en France ?
Bien d'autres choses sont possibles aujourd'hui dans le domaine de l'énergie : il faut promouvoir les bâtiments zéro énergie, avec le solaire thermique et le petit éolien, et une isolation thermique intelligente. En revanche, les éléments consommateurs excessifs d'hydrocarbures doivent être taxés, et non pas subventionnés.
Le graphique des émissions de CO2 de la France est pourtant facile à lire : alors que l'industrie en général a bien appris sa leçon avec les deux chocs pétroliers, et a su rester vertueuse, au contraire le résidentiel et le transport ne font qu'augmenter leurs émissions. Or, résidentiel et transport sont clairement les domaines où l'action "intelligente" de l'état auprès de ses citoyens devrait se faire sentir. Dans le domaine de l'énergie, nous n'avons pas besoin de génies : juste quelqu'un qui lise les chiffres correctement.
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24.05.2006
Quelles sont les priorités ? 1 - Réchauffement mondial
Les événements qui vont se produire dans les années qui viennent vont, à eux tous, dépasser notre capacité d'action. Il est utile d'établir des priorités, et d'évaluer dans chaque cas nos réelles capacités d'action.
Réchauffement mondial.
Il semble établi que le réchauffement planétaire est une conséquence de l'augmentation des GES (Gaz à Effet de Serre) dans l'atmosphère, elle-même consécutive à notre activité de tous les jours. Qu'y pouvons-nous ?
Il est aisé de réduire notre consommation énergétique dans le domaine résidentiel : la faible qualité thermique des bâtiments modernes peut être améliorée, et des bâtiments "zéro énergie" sont déjà disponibles - sur le papier. Dans la réalité, même en travaillant à marche forcée, nous parviendrons au mieux à remplacer 30 % de nos bâtiments en 30 ans : nous ne pouvons détourner qu'une partie de notre PNB vers la construction, et les entreprises concernées sont elles aussi en nombre limité.
L'autre secteur gourmand en hydrocarbures est le transport. Le transport individuel est relativement facile à améliorer : si nous prenons des décisons maintenant, nous pouvons renouveler 90 % du parc automobile en 15 ans. Mais nous allons le renouveler avec des véhicules qui, au mieux, consommeront 50 % de la moyenne actuelle. Le transport routier ne peut pas non plus être remplacé par le ferroutage en quelques années.
De plus, le secteur sans solution aujourd'hui est le transport aérien : nous ne savons pas faire d'avions qui ne consomment pas de pétrole. Ce secteur est une part importante de nos émissions de GES, et présente une forte expansion dans la décennie à venir.
Le secteur de l'énergie est le troisième pourvoyeur de GES. Là aussi, des solutions sont identifiées : énergies renouvelables, nucléaire. Les énergies renouvelables sont aujourd'hui insuffisamment faciles à mettre en oeuvre pour autoriser des investissements massifs : l'Europe s'est engagée à avoir seulement 10 % de son énergie renouvelable en 2010. Quand à la solution nucléaire, elle exige d'abord une prise de conscience des citoyens, puis des investissements considérables. Le Royaume-Uni vient, par la voix de T. Blair, de changer sa vision politique à long terme sur ce plan : cela autorise un début de solution à l'horizon... 2020 !
Il faut donc admettre que, si l'on ajoute l'inaction constatée actuellement (2006), puis le coût réel des investissements concernés, les délais réalistes nécessaires pour mettre en place les solutions forcément partielles, nous ne pouvons commencer à envisager d'avoir une civilisation économe en hydrocarbures que vers le milieu du siècle. A cette date, le pétrole sera déjà devenu très rare, voir les notes sur le Peak Oil.
Sauf miracle, nous sommes bien condamnés à utiliser la totalité du pétrole encore disponible. Nous n'avons donc pas les moyens d'empêcher la quantité de CO2 dans l'atmosphère de croître.
Est-ce une raison pour ne rien faire ? Non, bien sûr, comme on le verra dans les notes suivantes.
Nous sommes à une époque où des investissements très lourds vont être exigés selon les options politiques que nous allons choisir : il est indispensable de prendre en compte la réalité avant de se lancer.
12:55 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.05.2006
Peak Oil - 1 - Les Bases
Le Peak Oil part d'un constat simple : les gisements d'hydrocarbures étant limités, plus on en consomme, plus on s'approche du jour inéluctable où il n'y en a plus du tout. A cela s'ajoute le fait que plus on s'approche de la fin de vie du puits, plus l'exploitation est difficile et chère, et la production s'amenuise graduellement. Ainsi, chaque gisement voit sa production croître, se stabiliser, puis décroître, épousant une courbe en cloche au cours du temps. La somme d'une multitude de courbes en cloche étant également une courbe en cloche, c'est bien la courbe de production mondiale que les observateurs cherchent à décrire, et bien sûr, à prédire.
C'est Marion King Hubbert qui le premier appliqua cette réflexion aux gisements des USA : en 1956, il prédit que la production états-unienne atteindrait son maximum en 1970 : c'est bien ce qui se produisit. Cette première réussite donna beaucoup de crédit à cette façon de regarder les chiffres ; aujourd'hui, une majorité de pays ont dépassé leur propre peak oil ; parmi eux, non seulement les Etats-Unis, mais tous les pays limitrophes de la Mer du Nord.
Pourquoi la date du peak oil est-elle importante ?
Quand cette date surviendra, la production mondiale de pétrole ne pourra plus que décroître ; tous les pays ou secteurs économiques qui n'auront pas pris les précautions nécessaires se trouveront face à une dégradation croissante de leurs conditions de vie. Rappelons que, suite au comportement actuel des grands consommateurs (USA, Chine, Japon, Inde), la consommation mondiale augmente chaque année ; celle de la France est en quasi-stagnation depuis une trentaine d'années.
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, les chiffres de réserves prouvées de chaque pays ne sont pas très précis : il s'agit là de valeurs hautement stratégiques, et chaque pays (à qui il reste du pétrole) s'ingénie à les dissimuler ou les déformer.
En 2006, la France est toujours le 5e importateur mondial de pétrole, avec environ 2 millions de barils par jour : ce niveau de dépendance élevé rend notre mode de vie fragile quand le peak oil surviendra.
Alors, pour quand le Peak Oil ?
Plus d'info dans la deuxième partie.
17:50 Publié dans Energies fossiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2006
De quoi j'me mêle ? Energie éolienne
L'étude d'impact du projet CapeWind, dans la baie de Nantucket (RI, Etats-Unis), est en cours. Il s'agit d'un projet de taille mondiale, avec un parc offshore de 130 turbines, pour une puissance max de 420 MW. On ne peut que se féliciter d'une telle initiative, mais les promoteurs ont oublié un détail : la ferme sera visible (bien qu'éloignée) de l'île de Martha's Vineyard, qui abrite de nombreux milliardaires américains, dont la famille Kennedy.
Le sénateur Ted Kennedy s'est empressé de se déclarer contre le projet, et de lancer un mouvement pour s'y opposer. Il a rallié quelques camarades, dont un sénateur de ... l'Alaska.
Etre riche, respecté et influent n'empêche pas d'être égoïste et sans dimension.
14:30 Publié dans Energie éolienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2006
Conférence : L'homme et l'avenir de la planète - 3 - Intervenants.
Les orateurs présents à la conférence ont tous un pedigree impressionnant ; je ne signale que leurs activités en cours ou récentes.
Etienne Klein : professeur de physique et d'épistémologie à l'Ecole Centrale : écrivain.
Dominique Leglu : directrice de rédaction du mensuel scientifique Sciences et avenir.
Yves Chauvin : Prix Nobel de Chimie, membre de l'Académie des Sciences.
Pierre Delaporte : Président d'honneur d'EdF.
Jean-Louis Etienne : Médecin, biologiste, explorateur.
Claude Nahon : Conseil National du Développement Durable, directrice de l'environnement et du développement durable d'Electricité de France.
Christian Ngo : Directeur scientifique du CEA.
Didier Reynders : vice-premier ministre de la Belgique.
Philippe Kourilsky : Professeur au Collège de France.
Pierre-Etienne Bisch : Président de Météo France.
Marie-Lise Chanin : Directeur de Recherche Emérite au CNRS.
Christian Gollier : Professeur d'économie à l'université de Toulouse, écrivain.
Jean Jouzel : Directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace.
Michele Pappalardo : Présidente de l'ADEME.
Claude Lorius : Responsable du Programme Climat et du Comité pour les Recherches Antarctiques.
Jordi Pujol I Soley : ancien Président du Gouvernement Autonome de Catalogne.
15:15 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2006
Conférence : L'homme et l'avenir de la planète - 2 - Climat
Climat. Ph. Kourilsky prend de la hauteur en invoquant le problème de l'équité. L'absence de coordination USA/Chine/Inde rend les choses plus difficiles, la formation, l'information sont insuffisantes. J. Jouzel confirme que la corrélation élévation de température-action anthropique est avérée, et ajoute calmement qu'on n'échappera pas au réchauffement climatique. C. Lorius signale qu'il n'y a que 5°C d'écart entre notre époque et un âge glaciaire. PE Bisch est très factuel : la température moyenne de la France a déjà gagné 1°C en moins d'un siècle ; les pluies d'hiver intenses ont augmenté, comme la sécheresse l'été. En revanche, pas de modification du régime des cyclones. Marie-Lise Chanin décrit la dégradation subie par l'atmosphère : alors que le Protocole de Montréal (prohibant l'emploi des CFC) a 20 ans, on commence seulement à constater une amélioration de la couche d'ozone. Elle signale que malheureusement, les substituts trouvés aux CFC sont de puissants GES (gaz à effet de serre) ! Elle laisse entendre que nous avons beaucoup à découvrir de la relation soleil-climat. M. Pappalardo signale qu'une cause dont seuls nos enfants et petits-enfants bénéficieront est peu motivante. Aussi les choses s'aggravent : alors qu'on sait aujourd'hui fabriquer des bâtiments à énergie positive, leur consommation a augmenté de 22% en dix ans. Si tous les secteurs sont concernés, les ménages consomment 50% de l'énergie ; la plus grande aide actuelle est le récent renchérissement des hydrocarbures. Chr Gollier fait une peinture pessimiste de l'aspect financier : sous cet angle, rien ne justifie d'investir dans la protection du climat. Jordi Pujol présente les réflexions du politique : les scientifiques se sont déjà trompés, notre société est fondée sur la consommation d'énergie, les citoyens ne veulent pas renoncer à leur niveau de vie.
Ce qui n'a pas été dit : l'évolution climatique ne sera pas linéaire, et ne se limitera pas à un glissement vers le pôle du climat : certaines zones seront protégées, d'autres subiront des évolutions excédant nos capacités d'adaptation, et cela bien avant la fin du siècle.
09:45 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2006
Conférence : L'homme et l'avenir de la planète - 1 - Energie
Les conférences sont un excellent moyen de prendre la température sur un sujet donné, celle des spécialistes, et celle des auditeurs. Celle-ci rassemblait autour de 4 thèmes (Energie, climat, biodiversité, urbanisation) une quantité considérable de matière grise de haut niveau (ci-dessous liste des intervenants) avec un doctorat au m². Maison de la Chimie, 17 mai 2006
Energie. On attaque par un clash organisé entre Etienne Klein ("notre mode de vie n'est pas durable") et Yves Chauvin ("Ne nous affolons pas"), qui prit le contrepied de la conférence en déclarant que les économies d'énergie (type Negawatt) suffiront à éviter les problèmes. Comme quoi, même un Prix Nobel peut avoir des opinions... étonnantes ; par la suite, aucun intervenant ne défendra cette thèse. Christian Ngo, sans aller dans ce sens, insiste sur la "stupidité" de certaines utilisations : 30 % de l'énergie consommée sert à produire de la chaleur, phase la plus dégradée de l'énergie, constat effectivement désastreux. Plusieurs intervenants condamnent le moteur à hydrogène pour de nombreuses raisons, dont la rareté du platine. Les véhicules hybrides (type Toyota Prius) sont au contraire appréciés. Pierre Delaporte souligne que le fixe et le mobile ont des performances divergentes ; que le "negawatt a un coût" ; que la coopération européenne est indispensable ; il lance un appel pour "un foldingue comme JFK", qui a su en 1961 emmener son pays dans le programme Apollo, pari injouable à l'époque. Il ajoute qu'il faut investir massivement dans la recherche, sinon nous investirons massivement dans le porte-monnaie de l'OPEP. D. Reynders décrit la difficulté politique, avec deux décisions récentes de l'Etat Belge : rembourser une partie des factures de fuel domestique, et sortir du nucléaire en 2015 : les préoccupations immédiates prennent le pas sur le long terme. C. Nahon secoue alors la salle en soulignant avec force que le problème de l'énergie est aussi celui du CO2, avec de nombreux freins politiques et techniques : la gestion des certificats CO2 est inefficace (NDA : le prix du certificat CO2 vient de chuter, car trop de pays satisfont facilement des objectifs mal calculés). Elle passe en revue les solutions connues, qui toutes seront une partie de la solution, et devront être mises en oeuvre, en insistant sur le solaire thermique, domaine où la France est faible, et l'hydroélectricité des pays émergents. Le CO2 est un problème mondial, donc difficile à résoudre : "il faut agir vite pour le long terme". JL Etienne intervient avec beaucoup d'humilité pour décrire l'évolution de son opinion sur le nucléaire. Lui aussi appelle de ses voeux un "choc cathartique", qui permettrait aux politiques de s'emparer du problème dans le bon sens.
En filigrane de ce qui a été dit, ce qui n'a pas été dit est indicatif : l'épuisement progressif du pétrole, menant à des tensions insupportables au cours de la prochaine décennie, n'est pas envisagé ; l'absence de "plan B" en cas de difficultés d'approvionnement non plus ; la relative inaction politique actuelle est justifiée par un prix de l'énergie trop bas. Un auditeur insistera sur la démographie, moteur de problèmes supplémentaires.
En fait les problèmes paraissent multiples, à commencer par une prise de conscience insuffisante de la part du public, elle-même provoquée par un prix de l'énergie trop bas, et aggravé par la croyance que le temps et/ou le marché règleront les problèmes, qui apparaissent de toutes façons lointains.
La réalité est toute autre, mais elle n'a pas été martelée : c'est au cours de la prochaine décennie que la production mondiale de pétrole commencera à décliner ; certains pays n'attendront pas ce moment pour "prendre des précautions" ; les tensions consécutives poseront de graves problèmes. La fuite en avant des trois grands Chine, USA, Inde, ne fait que rapprocher les échéances.
14:20 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2006
La synthèse Royal
Il y a quelques jours, je vous avais signalé le blog de S. Royal, avec la participation active de l'internaute à la construction de son programme environnemental. Une première synthèse vient de sortir, apparemment sur les 800 premières participations (1200 à ce jour).
L'introduction est intéressante, je la cite :
"Les débats [] sont d’une grande qualité technique, peu polémiques et il s’en dégage une très forte volonté d’action. Les discussions sont fortement axées sur [] l’énergie et son renouvellement. Le constat [] est globalement pessimiste avec des forces d’inertie très importantes. Mais l’espoir d’un changement possible est là. De très nombreuses pistes sont dégagées et beaucoup attendent de l’État et des collectivités locales qu’ils montrent l’exemple."
On attaque ensuite quelques notions mal maîtrisées, telles que le "catastrophisme éclairé" et le "peak oil" - je ferai une note sur ce dernier sujet.
Puis on présente les exigences vis-à-vis de l'Etat et des collectivités locales : plus d'études d'impact (qui sont faites en principe), de constructions HQE, de matériaux éco-certifiés, et de carburants propres. C'est l'exemplarité de l'Etat qui est exigée. On demande aussi plus de sérieux dans le chauffage des bâtiments publics - sans savoir qu'une Directive existe depuis 2002, je ferai bientôt une note également sur ce sujet. On propose un Grand Ministère Industrie-Energie-Environnement, tiens, ça me rappelle un certain Nicolas ?
Les mécanismes économiques sont largement abordés, soit par le biais de marchés de type PNAQ, soit par la taxation de type Hulot-Jancovici - les Français manifestent là des connaissances intéressantes.
L'énergie est largement abordée ; les vieux démons du nucléaire ne sont pas exorcisés, mais l'importance et la diversité des énergies renouvelables sont soulignés, et le recours aux transports propres est signalé, y compris la coopération européenne : il semble que personne ne cite la politique officielle de la France (encore une note ?).
Enfin, les Français insistent sur l'importance de la formation-information, avec des propositions notables telles que l'environnement rendu obligatoire au bac : là, on est très en avance sur notre temps !
Au total, ce document a l'intérêt de montrer que, même dans cette tranche particulièrement intéressée au sujet des Français qui donnent leur avis, on est loin de maîtriser la politique générale de notre pays, ou les moyens de faire face aux diffficultés prochaines ; en revanche, la prise de conscience est réelle, le déficit d'information est identifié, et la capacité à imaginer des solutions est remarquable.
On attend avec intérêt le résultat final qui fera partie du programme de la (peut-être) candidate.
16:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.05.2006
La réponse du berger
Alors que Ségolène en est toujours aux interrogations (voir note sur la méthode Ségolène), l'autre candidat putatif aux Présidentielles a déjà son acte de foi écologique en ordre de marche, comme le montrent les interventions de la convention UMP sur l'écologie, que nous résumons ici en quelques mots.
Après avoir laissé Nelly Ollin rappeler historique et enjeux, puis Nicolas Hulot exhorter les participants à aller de l'avant, N. Sarkozy fait une présentation musclée et construite des principaux sujets ayant trait à la protection de l'environnement.
N. Sarkozy commence par donner la parole aux Français (ou leur confisque ?) en signalant que l'écologie est une préoccupation de chacun ; il rappelle le droit de chacun à vivre dans un environnement équilibré, où l'écologie serait au niveau des deux autres "cercles", social et économique : tout cela est institutionnel.
Mais il attaque ensuite plus fort en demandant à ses troupes de renouveler en profondeur leur perception de l’écologie, et de proposer un projet d’écologie populaire : ça secoue un peu plus. Il propose la création d'un comité national environnemental, concerné par le principe de précaution et la transparence dans un premier temps. Il recommande plus de transparence dans le nucléaire (sans le remettre en question), et envisage que chaque Français puisse communiquer la part de son dossier médical qu'il souhaite.
N. Sarkozy pose ensuite un calendrier, avec la résolution de tous les problèmes écologiques (climat exclu) en une génération. Les acteurs habituels sont rappelés : ONG en tête (eh oui), entreprises, mécanismes de marché, fiscalité ; il demande que l'écologie soit réconciliée avec l'économie (enfin !), et signale que certains pays sont déjà en avance sur nous dans ce domaine.
Enfin, N. Sarkozy propose de créer un grand ministère de l’écologie regroupant au minimum l’énergie, les transports et l’équipement : là, on écarquille les yeux. Hélas, c'est aussi une manière d'éliminer ce ministère.
N. Sarkozy termine en insistant sur des notions plus modernes de l'environnement : positionnement des USA, relations Nord-Sud, droit d'émettre du carbone.
En résumé, un discours écrit par des connaisseurs de l'environnement, montrant une certaine compréhension de la problématique actuelle. Bien sûr, on peut faire mieux, mais c'est déjà beaucoup pour un discours destiné à des militants UMP. Alors, Ségolène ?
PS : clin d'oeil à mes camarades de Jussieu, je cite : "La France doit se doter d’une filière scientifique de formations courtes et longues dans le domaine de l’environnement" : Yes !
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09.05.2006
Consommation : les Français se trompent
L'ADEME vient d'émettre son palmarès 2006 des véhicules automobiles les moins polluants. En attendant de consulter cette mise à jour, la lecture du dossier 2005 est édifiante, dans l'ambiance actuelle d'augmentation considérable du prix des carburants automobiles : rappelons que cette augmentation est très relative en réalité.
Ce dossier révèle des choses étonnantes sur le véritable comportement des Français en tant qu'acheteurs
d'automobile. Tout d'abord, on se rend compte que depuis 1995, la puissance moyenne des véhicules vendus est passée de 55 kW à 74 kW, soit une augmentation de 35 % : cette augmentation de puissance se traduit évidemment par une augmentation de la consommation, pas étonnant que les Français aient l'impression de consommer plus. Dans le même temps, la masse des véhicules elle aussi a augmenté de 21 %, afin d'inclure non seulement des moteurs plus puissants, mais des options plus nombreuses.
Nous avons donc un parc de véhicules qui ne cessent de grossir depuis une dizaine d'années : si nous voulons réellement diminuer nos factures énergétiques, et au passage nos émissions de CO2, ce n'est pas difficile : il suffit de réfléchir un peu au moment de l'achat.
Bref, en croyant que l'essence est trop chère, les Français se trompent deux fois. Mais qui les aide ?
document complet de l'ADEME : http://www.ademe.fr/auto-diag/transports/rubrique/CarLabe...
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