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24/11/2006

Séquestration du CO2

Les énergies fossiles nous feront bientôt défaut ; quand exactement, on ne sait pas encore le dire, mais les premières difficultés d'approvisionnement commenceront quelque part autour de 2020 pour le pétrole, 10 ou 20 ans plus tard pour le gaz naturel ; ces diffficultés ne prendront pas l'aspect de ruptures, mais bien d'une franche augmentation du prix.

En 2006, il existe une autre énergie fossile dont on parle peu, le charbon : il est beaucoup moins pratique d'utilisation que le pétrole, en particulier dans le domaine du transport : le pétrole fournit des carburants par simple distillation, opération maîtrisée et peu coûteuse, alors que le charbon doit subir une transformation chimique plus poussée et coûteuse pour parvenir au même résultat. Mais il a deux avantages : le charbon est considérablement moins cher, et les réserves prouvées sont bien plus importantes. Dès que le pétrole sera durablement cher, c'est-à-dire au-delà des 100 dollars pas baril, les unités permettant de produire des carburants à partir du charbon vont fleurir, particulièrement dans les pays disposant de réserves importantes de charbon, entre autres Etats-Unis et Chine.

Le gros défaut de ces unités (appelées CTL, Coal To Liquids) est qu'elles brûlent beaucoup de charbon pour parvenir à cette conversion ; la consommation de carburants routiers produits à partir de charbon au lieu de pétrole multiplie par 4 la quantité de CO2 rejetée dans l'atmosphère. Nous allons donc aggraver l'effet de serre.

 Il existe un moyen de parer à ce problème supplémentaire, appelé Capture et Séquestration du CO2 (CCS) : il consiste à piéger le CO2 à la source, et à l'enfouir dans le sol de façon définitive.

Ce moyen est connu depuis des décennies, en particulier des pétroliers, qui injectent du CO2 sous pression dans les gisements pour faciliter l'extraction du pétrole ou du gaz ; sa mise en oeuvre est donc bien connue dans ses principes.

Il y a principalement quatre types de sous-sols dans lesquels on peut enfouir le CO2 :

  • les nappes aquifères : très efficaces, elles sont rares, et parfois utilisées
  • les dômes de sel : le sel est très courant dans le sous-sol, mais sa conformation n'est pas toujours idéale
  • les anciens gisements d'hydrocarbures : s'ils sont rares en France, ils sont évidemment bien identifiés dans les pays producteurs
  • les gisements de charbon profonds : rares également, ils contiennent fréquemment du gaz naturel ; l'injection de CO2 sous pression permettrait de récupérer une partie de ce gaz, rendant l'opération moins coûteuse.

Grâce à la diversité et au nombre de ces solutions, les premières études montrent que nous pourrions séquestrer la totalité de nos émissions ponctuelles pendant des décennies, probablement plus d'un siècle.

Qui est concerné par cette possibilité ? Dans un premier temps, les gros industriels et les centrales de production d'énergie à partir de combustibles fossiles ; tous ces sites constituent d'excellents candidats à cette technologie.

Les premiers visés sont les Etats-Unis : gros consommateurs d'énergie, gros producteurs de charbon, malgré leur attitude négative présente vis-à-vis de l'effet de serre, ils étudient dès maintenant la possibilité de rassembler les émissions de CO2 de leurs plus grosses centrales, et de rentabiliser l'opération en l'injectant dans les puits vieillissants du Texas et de Louisiane.

En France, où 76 % de notre électricité est d'origine nucléaire, cette technique ne fait pas encore parler d'elle ; elle sera une composante essentielle du défi climatique de ce siècle.

Un grand nombre d'organismes, privés, publics et internationaux, travailent sur la faisabilité technique, financière et juridique ; la section CCS des liens en signale quelques-uns.

20:07 Publié dans Energies fossiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : CO2, fossile, énergie, séquestration, serre, CCS | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

15/11/2006

When the Peak comes, there will be no one to salute it

Ever since 1911, Big Oil has consistently delivered oil, solutions and wealth : that is some record, small wonder their credibility is on top.

 Ever since 1970 and the lower 48 Peak, Peakists have delivered problems, riddles and interrogations : you do not lead with questions, you lead with answers, whatever the answers. Small wonder no one listens to Peakists.

The unfortunate habit from certain Peakists to provide Peak dates which are :

  • already past and forgotten, or
  • so diverse and spread over a long period of time

has only added to the confusion at best, to the idea that Peakists cannot be trusted in any manner at worse. But there is more.

Reading from many Peakists sources, one gets the idea that the Peak will not be a peak, it will be a plateau - undulating at that. So much so that it will probably go unnoticed for ... a few years ? How can such a supposedly so important date be inconspicuous ? And what the hell is an Undulating Plateau ?

M.K. Hubbert issued his theory in 1957 ; little has been added since. In how many fields did theory evolve so litle in 50 years ? Oil definitely is an economics question ; is our economics knowledge the same as in 1957 ?

In 1957, oil was pretty much everything to our economies ; not so today, and seeing Russia help India set up their nuclear industry certainly was not in the picture 50 years ago. And Iran, and Egypt ?

The higher price of oil makes other energy sources competitive : will the Peak be buried under the Gas peak, and then the nuclear peak, and then coal ? What will we actually see ?

What kind of Peak theoricists are we really ? Wild fish seems to have peaked back in 1995, that went totally unnoticed because fish farms kicked in, and account now for nearly 50 % of the total. Anybody cared to have a look at the curves ?

We need more theory than the mere scrutation of production curves ; we need to know more about how a global peak collides with economics and turns into an Undulating Plateau ; and we need an indicator.

 

 

 

16:51 Publié dans Energies fossiles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

23/05/2006

Peak Oil - 1 - Les Bases

Le Peak Oil part d'un constat simple : les gisements d'hydrocarbures étant limités, plus on en consomme, plus on s'approche du jour inéluctable où il n'y en a plus du tout. A cela s'ajoute le fait que plus on s'approche de la fin de vie du puits, plus l'exploitation est difficile et chère, et la production s'amenuise graduellement. Ainsi, chaque gisement voit sa production croître, se stabiliser, puis décroître, épousant une courbe en cloche au cours du temps. La somme d'une multitude de courbes en cloche étant également une courbe en cloche, c'est bien la courbe de production mondiale que les observateurs cherchent à décrire, et bien sûr, à prédire.

C'est Marion King Hubbert qui le premier appliqua cette réflexion aux gisements des USA : en 1956, il prédit que la production états-unienne atteindrait son maximum en 1970 : c'est bien ce qui se produisit. Cette première réussite donna beaucoup de crédit à cette façon de regarder les chiffres ; aujourd'hui, une majorité de pays ont dépassé leur propre peak oil ; parmi eux, non seulement les Etats-Unis, mais tous les pays limitrophes de la Mer du Nord.

Pourquoi la date du peak oil est-elle importante ?

Quand cette date surviendra, la production mondiale de pétrole ne pourra plus que décroître ; tous les pays ou secteurs économiques qui n'auront pas pris les précautions nécessaires se trouveront face à une dégradation croissante de leurs conditions de vie. Rappelons que, suite au comportement actuel des grands consommateurs (USA, Chine, Japon, Inde), la consommation mondiale augmente chaque année ; celle de la France est en quasi-stagnation depuis une trentaine d'années.

Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, les chiffres de réserves prouvées de chaque pays ne sont pas très précis : il s'agit là de valeurs hautement stratégiques, et chaque pays (à qui il reste du pétrole) s'ingénie à les dissimuler ou les déformer.

En 2006, la France est toujours le 5e importateur mondial de pétrole, avec environ 2 millions de barils par jour : ce niveau de dépendance élevé rend notre mode de vie fragile quand le peak oil surviendra.

Alors, pour quand le Peak Oil ?

Plus d'info dans la deuxième partie.

17:50 Publié dans Energies fossiles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |