19/02/2010
Doing his own misfortune
(translation of Faire son propre malheur)
In 1900, Europe, collectively, was a supreme power. Militarily unchallenged, unsurpassed on the seas, its industry and trade were setting the basis which would be copied by the rest of the world. Culturally, Europe crushed all other civilizations, and its scientists were closing in on the complete control of nature.
Then in 1945, Europe was a small field of ruins, unable to cope alone, and gave the U.S. the scepter of world leadership even before they ask for it. European nations, pushing the stupidity to the hilt, had managed to undo in 45 years what their ancestors had built in forty centuries. All this without outside influence, without divine cataclysm, without demonic manipulation, of their own and their own conceit.
In 1991, the United States is a supreme power: Europeans are fearful like a lame dog, Japan plunged into a suicidal depression, Great Russia is ravaged by alcohol and prevarication. The dollar is king, and stories written in Hollywood lull millions of children worldwide. The U.S. military crushed an entire country in 15 days, losing 250 men, as for a demonstration.
In 2010, the (twin) U.S. deficit is abysmal, its army is bogged down in two senseless conflicts, economic performance collapses, and there remain only two kinds of creditors to buy treasury bonds: "gray " capital, and China, whose trade surplus is growing at the speed of the U.S. deficit. The China of the 21st century is a creation of American greed.
In February 2010, Mrs. Clinton is undertaking a tour of Gulf states to boost their hatred of Iran and lead to further sanctions against the state, pointing at their atomic works. But is Iran a future nuclear terrorist, or merely the largest oil supplier to China?
Much the same date, Canada just approved two new investments in the infamous tar sands of Athabasca, whose majority shareholder is PetroChina: the Yellow Hand reaches the gates of the United States, which for the past ten years were so stuck with a policy worthy of the 19th century that they are unable to respond to a country that still claims to be developing.
Back in 1890, Empress dowager Cixi, pushed by the hawks in the palace, decided (finally) to levy a tax that would build the navy that China needed to resist the Western powers, which, with a couple of gun-boats, held an entire continent. When the results of the tax, a thousand times nibbled, reached the capital, they were so low that Cixi decided instead to rebuild the marble boat that adorns the Summer Palace (still visible). Bartering a navy, and the hope of a people against a nice block of (faux) marble?
The United States are precisely there: taxes from the taxpayer pay absurd bonuses to already wealthy traders, the two ongoing wars are a financial disaster, and every day sees China control more resources, collect more dollars, infiltrate more governments. Sure, the United States still is the dominant culture, military strength, know-how. But soon this country will belong to its enemy without firing a shot.
12:27 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : geopolicy, china, usa |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |
15/02/2010
Faire son propre malheur
En 1900, l'Europe, considérée collectivement, était une puissance suprême. Incontestée militairement, inégalée sur mer, son industrie et son commerce jetaient les bases dont s'inspirerait le reste du monde. Culturellement, l'Europe écrasait toutes les autres civilisations, et ses scientifiques s'approchaient à grandes enjambées de la maîtrise complète de la nature.
En 1945, l'Europe était un petit champ de ruines, incapable de se relever seule, et donnait aux Etats-Unis le sceptre du leadership mondial avant même que ceux-ci le demandent. Les nations européennes, poussant la bêtise jusqu'à la garde, avaient réussi à défaire en 45 ans ce que leurs ancêtres avaient bâti en quarante siècles. Tout cela sans influence extérieure, sans cataclysme divin, sans manipulation démoniaque, de leur propre chef et de leur propre suffisance.
En 1991, les Etats-Unis sont une puissance suprême : les Européens sont craintifs comme un chien boîteux, le Japon s'enfonce dans une dépression suicidaire, la Grande Russie est ravagée par l'alcool et la prévarication. Le dollar est roi, et les contes écrits à Hollywood endorment des millions d'enfants dans le monde. L'armée américaine écrase un pays entier en 15 jours, en perdant 250 hommes, comme en démonstration.
En 2010, le déficit (jumeau) américain est abyssal, l'armée est enlisée dans deux conflits incohérents, la performance économique s'effondre, et il ne reste plus que deux sortes de créanciers pour acheter des bons du trésor : les capitaux "gris", et la Chine, dont l'excédent commercial croît au rythme du déficit américain. La Chine du 21e siècle est une création de la cupidité américaine.
Mme Clinton vient d'entreprendre une tournée des Etats du Golfe pour stimuler leur haine de l'Iran et entraîner de nouvelles sanctions à l'égard de cet état, en pointant leurs travaux atomiques, sujet bien pratique. Mais l'Iran est-il un futur terroriste nucléaire, ou simplement le premier fournisseur de pétrole de la Chine ?
Quasiment le même jour, le Canada vient d'autoriser deux nouveaux investissements dans les infâmes sables bitumineux de l'Athabasca, dont l'actionnaire majoritaire sera PetroChina : la Main Jaune parvient aux portes des Etats-Unis, qui depuis dix ans sont tellement englués dans une politique digne du 19e siècle qu'ils sont incapables de réagir face à un pays qui prétend toujours être en voie de développement...
En 1880, l'impératrice douairière Cixi, poussée par les faucons du palais, décide (enfin) de lever un impôt qui permettra de constr
uire la flotte de guerre dont la Chine a besoin pour s'opposer aux puissances occidentales, qui avec 4 canonnières tiennent en respect un continent entier ; les résultats de l'impôt, mille fois diminués avant d'atteindre la capitale, sont tellement faibles que Cixi décide à la place de faire un bateau de pierre pour orner le Palais d'été (il est toujours visible). Troquer une flotte de guerre, et l'espoir de tout un peuple contre un joli bloc de marbre ?
Les Etats-Unis en sont précisément là : les impôts du contribuable permettent de servir des bonus absurdes à des traders déjà riches, les deux guerres en cours sont un désastre financier, et chaque jour voit la Chine contrôler plus de ressources, encaisser plus de dollars, infiltrer plus de gouvernements. Certes, les Etats-Unis sont toujours la culture dominante, la puissance militaire, le savoir-faire technique. Mais bientôt ce pays appartiendra à son ennemi, sans coup férir.
15:22 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : moyen-orient |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |





